Comité de soutien à Jonas et Silvina Pratt, enfants de Hugo Pratt

Explications nécéssaires

Je m'appelle Silvina Pratt, fille légitime de Hugo Pratt. Mon frère Jonas et moi sommes toujours actionnaires  de la société Cong S.A, créée par notre père, qui gère tous les droits liés à son œuvre en France et dans le monde.

Depuis la disparition de Hugo PRATT, nous n'avons jamais  touché aucun revenu de la part de cette société;  nous ne sommes, ni n'avons JAMAIS été consultés pour les décisions prises en relation au travail, aux publications, au merchandising ou aux expositions de Hugo Pratt, bien au contraire... Ni n'avons jamais  été avertis des mises en ventes de ses originaux.

A l'heure qu'il est, je ne connais pas les personnes qui affirment s'occuper des droits de mon père en France...ou de sa succession! 

Je déclare n'avoir en ma possession que deux ou trois originaux sans grande valeur; cela vaut pour mon frère Jonas Pratt aussi. Nous ne savons pas où se trouvent toutes les oeuvres de notre père, ni ce que sont devenus tous ses biens, immobiliers et matériels. Malgré les demandes insistantes de ma part, je ne reçois qu'une réponse: "Les oeuvres appartiennent à des collectionneurs anonymes"...

Je me suis tue pendant des années, par peur de faire capoter des soi-disant projets de conventions et d'accords, et pour ne pas nuire au reste de la fratrie. Depuis le premier jour et dès la mort de mon père, les responsables de Cong S.A. n'ont eu qu'une idée en tête: nous pousser par tous les moyens à vendre nos actions. Nous étions au bord de le faire il y a quelques temps pour une somme relativement dérisoire et sans aucune garantie valable, avant que je ne me rétracte au nom de tous mes frères et sœurs. Cette décision de ma part à divisé les deux parties de la fratrie, celle du premier mariage d'avec celle du deuxième, représentée par Jonas Pratt et moi-même. Les autres actionnaires ont finalement cédé leurs actions à Cong SA.

 

Background informations:

My name is Silvina Pratt, the legitimate daughter of Hugo Pratt.

My brother Jonas and I are shareholders of Cong SA ,the limited
company created by my father to manage his copyrights and royalties connected to his work all over the world.
Since the passing of my father, we never received any money from this company, we were never consulted regarding the works of my father concerning the various publications, editions,exhibitions and, merchandising etc..) we were never informed of the sales of his original artwork pieces...

As from today, I still don't know who are the persons supposedly looking after my father's copyrights and successions in France .

I declare having in my possession only 3 original pieces of little value; this is also the case for my brother Jonas Pratt to. We don't know where our father's original artworks are or what happened to his belongings, assets and properties, etc..

They won't reply to my questions and keep telling me they are with anonymous collectors.
I kept quiet for years to prevent any deal to fail and to protect the interests of the siblings.
From the very first day of our father passing, those legally in charge & legally responsible for Cong S.A have tried by any means to force us to sell our shares in the company .

Under intense pressure I nearly conceded to their demand . however their price was ridiculously low and was without any legitimate guaranty. I therefore retracted on behalf of my brothers and sister.This decision divided the siblings into two sides,those from my father's first marriage and those from his second,the latter being represented by Jonas and I.

The others shareholders finally gave in and sold all theirs shares to Cong S.A.

 

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27 janvier 2014

Dernières nouvelles de CONG S.A.

Lors de la dernière assemblée générale il est apparu que la société Cong S.A administratrice et détentrice des droits dont nous faisons encore partie avec mon frère, était volontairement laissée à l'abandon par la principale actionnaire et son mari. Je vous livre ici les impressions de notre avocat, qui a assisté à ladite assemblée en décembre dernier: 

"Après presque 10 ans, les héritiers ne savent toujours pas avec précision quelles sont les œuvres qui ont été retrouvées, dans des conditions peu claires, au moment de la liquidation de la maison de HP en 2005. En effet, la CONG possédait quelques œuvres achetées ou cédées par HP de son vivant. La grande majorité des dessins provient donc de cette mystérieuse “découverte”, mais CONG ne s’est toujours pas exprimées sur les légitimes questions des héritiers, lesquels contestent, pour des raisons légales, l’intégration de ces œuvres dans le patrimoine de CONG.

La CONG se porte financièrement très mal et actuellement n’emploie plus de commerciaux qui s’occupaient des licences et autres droits dérivés. C’est donc l’ancienne collaboratrice de HP qui gère tout (ou rien?) depuis les Etats Unis, mais les résultats ne sont pas au rende-vous, ce d’autant que Z. semble vouloir concentrer ses efforts sur un marché américain manifestement peu réceptif (pour rappel, Tintin s’est bien mieux vendu en Russie qu’aux Etats Unis).

Les dysfonctionnements sont patents et la CONG ressemble hélas à un bateau ivre privé de capitaine.

Les héritiers pensent que le salaire de Z. n’a aucune commune mesure avec le fruit de son son travail en termes de chiffre d’affaires engrangé par la CONG; c’est ainsi que chaque année la CONG s’endette toujours plus vis à vis de l’actionnaire principale qui est aussi de facto la seule dirigeante de la société. Sa mainmise sur CONG est ainsi presque complète, face aux derniers héritiers de HP qui n’ont plus leur mot à dire.

Ainsi, pour faire face à la situation et éviter une situation de surendettement, la CONG a décidé en 2012 de disperser aux enchères les planches des Helvétiques, violant de la sorte la volonté de reconnue de HP qui avait passé une partie de sa vie à retrouver toutes les planches de ses albums, pratiquement toutes disparues au moment de l’ouverture de la succession, en 1995.

En bref, l’ancienne collaboratrice de HP se retrouve à la fois actionnaire majoritaire de CONG, sa principale créancière, sa responsable commerciale et administratrice de fait.

Enfin, à force de pression exercée sur la branche sud-américaine des héritiers, Z a réussi à racheter cette part des actions de CONG, notamment en reprenant la dette que les deux héritiers avaient encore à l’encontre de la société. De cette façon, Z assoit encore plus son emprise sur la société créée par HP pour, ironie du destin, protéger ses enfants; en augmentant non seulement son pourcentage d’actionnariat, mais également le montant de sa créance vis à vis de la CONG. Opération parfaitement réussie."

Je vous laisse juges et témoins de ce qui se passe, car, même si cela ne concerne que peu d'entre nous, il s'agit d'un patrimoine inestimable, appartenant à tous et qui entre les mains de ces personnes, risque fort de disparaître complètement...

Tristement, 

Silvina PRATT

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20 novembre 2013

Matin Dimanche 17/11/2013

Article "Matin Dimanche"

du 17 novembre 2013

Par Ivan Radja

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Les originaux de Pratt ont disparu

SUCCESSION

A la mort de Pratt,
son œuvre avait disparu.
Or des originaux refont surface
lors de ventes aux enchères.
Les héritiers obtiennent très peu
d’éclaircissements de
la part de la société Cong S.A.,
qui gère le patrimoine.

.... 

 

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24 septembre 2013

Article mortel...

 

Mortelle Culture

 

..."Je me souviens de Pratt est un livre juste. Justesse du ton, du propos, de l’intention... Les photos et documents rares ou/et inédits qui accompagnent le texte donnent à l’ensemble l’esprit d’un album de souvenirs intime et poignant. Enfin, cet ouvrage lève un peu plus le voile sur le scandale de la spoliation de l’héritage artistique et financier des enfants de Pratt par ceux qui détiennent machiavéliquement les droits de ses œuvres, une situation aussi injuste qu’intolérable que nous espérons tous ardemment voir évoluer dans le bon sens... Un ouvrage indispensable pour qui s’intéresse à ce grand auteur et artiste, donc, destiné à faire partie des livres de références sur Hugo Pratt, incontestable..."

 

 

Cecil McKinley

 

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Dans le ZOO mag

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http://www.zoolemag.com/magazines/ZOO-49-HD.pdf

 

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10 septembre 2013

Article Actua BD

 

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"En Septembre 1962, Pratt quitte l’Argentine pour rentrer à Venise. Dans les années qui vont suivre, il va fonder une famille, créer ses œuvres majeures et trouver la reconnaissance. Ses amis Vénitiens et ses proches nous parlent de cet Hugo, qui n’est pas encore le personnage mythique qu’il s’emploiera plus tard à construire, puis à devenir. Photos de famille et anecdotes retracent une période d’intense création et de joie de vivre : les années Malamocco.

Hugo Pratt est un mythe, une légende de la bande dessinée. Mais s’il est commun de dire que derrière chaque mythe se cache un homme, rarement l’adage ne saurait aussi bien s’appliquer qu’au dessinateur vénitien.

Michel Jans fait ici un travail d’éditeur remarquable tant dans la démarche que dans l’intention de ce livre : recueillir les témoignages des proches d’Hugo pour en dresser un portrait le plus fidèle possible, que dans sa réalisation.

Cet ouvrage de 134 pages, de par sa construction relativement chronologique et des retranscriptions des différents intervenants très équilibrés, se lit avec un appétit et une facilité rare. Difficile de poser le livre avant de l’avoir fini, tant le lecteur se retrouve plongé au cœur de l’univers de l’auteur de « Ballade de la mer salée »

Conversations à Malamocco, du nom du lieu ou se trouvait la maison d’Hugo Pratt sur l’ïle de Lido en face de Venise, réussit à nous laisser croire, après l’avoir fini, que nous aussi, nous sommes un intime de Pratt.

Au fil des pages, nous écoutons les confidences et ales necdotes de ses amis d’enfance, Ivo Pavone ou Alberto Ongaro, de son plus proche collaborateur Lele Vianello (qui signe la couverture du livre), de sa deuxième épouse Anne Frognier, rencontrée en Argentine avec qui il vivra en France notamment, sans oublier le précieux témoignage de sa fille Silvina. Aucun casting ne serait meilleur pour comprendre et expliquer qui était Hugo Pratt.

Les portraits de ses amis et collaborateurs décrivent la construction du mythe. "Je veux être célèbre" leur annonçait Pratt, sûr de son fait. Un énorme charisme, un énorme talent, et une énorme confiance en soi. Derrière le clown se cache la légende.

Il en ressort le portrait d’un conteur-né, brûlant pour le fait que l’on s’intéresse à lui, prêt à toutes les pitreries pour retenir l’attention des convives d’une fête. Travailleur infatigable, d’une rigueur exemplaire lorsqu’il s’agit d’épurer son trait, de ne garder que la ligne essentielle au récit... mais capable de dessiner des images érotiques derrières ses planches dans le seul but d’imaginer la tête de son éditeur à la réception de ses dernières !

Et derrière cette légende qu’il construit à force de travail et de volonté, passe la famille. Deux mariages, deux divorces. Anne Frognier décrit dans ce livre avec précision, et une lucidité touchante, le rapport d’Hugo avec sa famille : aimant, tendre mais peu démonstratif et peu présent et qui fera passer son Œuvre avant tout, famille comprise.

Michel Jans signe ici un livre de recueil de témoignages essentiels et parfaitement édités, faisant de cet ouvrage un indispensable pour tous les lecteurs d’Hugo Pratt."

 

par Gallien Chanalet-Quercy

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27 avril 2013

Télé Nantes

Le 26 Avril 2013

Silvina, fille d'Hugo Pratt

Emission "A la Vôtre" entretien

"A la vôtre vous présente Silvina Pratt, fille d'Hugo Pratt.

A l'occasion d'une soirée de soutien à l'association les amis d'Hugo Pratt (le 10 mai au Stakhanov à Nantes),Silvina Pratt nous parle de son père, le créateur de Corto Maltese, et des difficultés liées à sa succession."

 

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05 avril 2013

Etat des lieux

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Un mot pour vous donner des informations concernant cette lutte titanesque; Depuis plus de deux ans nous avons été, mon frère Jonas et moi-même, sommés de finir de payer l'avocat suisse initialement désigné par notre frère aîné (aujourd'hui disparu), dès la mort de notre père. Cet avocat qui a fini par signer des accords en notre défaveur avec la partie adverse (abandon des droits d'auteurs en 2002), détient encore mes actions (mon frère Jonas lui a heureusement pu récupérer les siennes fin 2012), et menace de les vendre à Cong S.A. si je ne lui paye pas ce qu'il réclame, 11000 francs suisses (9039,80 euros), j'ajoute qu'il fait obstruction en ne nous communicant pas toutes les pièces du dossier.

Malgré le fait que nous soyons très minoritaires, ces actions nous permettent encore de dénoncer la situation dans laquelle nous sommes et les agissement des dirigeants de la société Cong. Ma condition plus que précaire ne me permets pas de faire face à de telles dépenses, dépenses pourtant nécessaires pour continuer à défendre nos droits et l'oeuvre de mon père. J'espère tenir le coup, j'espère pouvoir encore mobiliser les avocats qui voulaient et pouvaient nous aider mais qui sans un apport même réduit d'argent, ne pourront ni ne souhaiteront poursuivre.

Nombre d'avocats, de Paris et d'ailleurs, se sont intéressés à cette affaire, j'en ai rencontré beaucoup, quelques-uns ont même commencé à y travailler sans jamais aller jusqu'au bout faute de moyens.

Il me reste un avocat en Suisse disposé à continuer si je parviens à payer un minimum et un avocat à Venise qui ne me réclame rien pour le moment et qui se bat pour faire avancer une plainte déposée en Italie et la notifier auprès des hoirs argentins qui ont cédé leurs actions à la société l'année dernière.

Voilà pourquoi je persiste avec cette page, pourquoi j'essaye de créer des événements comme je peux et que je continue de dénoncer haut et fort une situation intolérable et inacceptable au risque de tout perdre.

Merci à tous pour votre soutien, votre compréhension et votre patience.

Silvina

Silvina Pratt

 

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23 février 2013

Vente Artcurial

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Aujourd'hui chez Artcurial Seront présentés des originaux d'Hugo Pratt, un ensemble de 10 planches des Helvétiques certaines en deux strips, d’autres en trois strips ainsi que des planches d’Ernie Pike et de Sergent Kirk et le rare album Publicness de 1971.
Planches des Helvétiques qui devaient nous revenir, Cong n'a en principe pas le droit de les vendre sans au moins nous avertir et avoir notre approbation. Nous ne pouvons que prévenir la Maison Artcurial de cet état de fait.

Artcurial vente du 23 février 2013

Archives Pratt

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28 décembre 2012

Little souvenir and big Thanks

 

Le 4 octobre dernier nous avons eu la chance de pouvoir organiser une merveilleuse Exposition à la Galerie 9ème Art de Paris, grâce à Bernard Mahé, responsable de la galerie et surtout grâce à 57 artistes engagés sans qui rien ne serait possible... Nous ne les remercierons jamais assez! Vous aurez un petit apercu de leurs oeuvres dans le modeste clip ci-dessous...

http://www.youtube.com/Artistes engagés en soutien à l'association "Les Amis de hugo Pratt"

J'aimerais terminer l'année avec le souvenir de cette formidable soirée, en vous disant aussi que nous luttons toujours et que d'autres événements auront lieu l'année prochaine à Paris ou Ailleurs...


Bonne année 2013 à tous!

 

Silvina Pratt

 



 

 

 

 

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28 novembre 2012

Témoignages Des collaborateurs de Hugo Pratt

 

Témoignage de Guido Fuga:

 

"Je m’appelle Guido Fuga et je suis né à Venise le 25 juin 1947. J’aimerais vous décrire de façon concise quelques points concernant ma relation avec Pratt et Mme Z*. qui me permettent de soutenir que cette dernière a amplement abusé de son rôle pour s’approprier  de biens qui ne lui appartiennent pas et de faire le commerce, sans en avoir le droit, du patrimoine d’ originaux qui lui ont été confiés.

J’ai commencé à fréquenter Hugo Pratt en  1968 à Venise alors que j’étais étudiant en architecture et l’amitié qui s’est instaurée entre nous et ma belle compagne Mariolina (modèle pour le personnage de Venexiana Stevenson) à duré jusqu’à la fin de ses jours. A sa demande, j’ai tout de suite commencé à travailler en collaboration avec lui, cela consistait à lui faire tous les véhicules militaires, enfin tout ce qu’il n’avait plus envie de dessiner, il voulait que cela soit fait de manière rigoureuse par moi-même.

Cette collaboration qui m’a amené à le fréquenter intimement come peut le témoigner Silvina, a perduré alternativement, tout au long de notre amitié, même pendant les derniers jours d’avant sa fatale hospitalisation en clinique, j’étais encore en train de lui préparer des dessins pour une histoire commandée par l’ENI (Ente Nazionali Idrocarburi), je peux donc témoigner d’un rapport d’étroite amitié et d’affection de près de 30 ans. Quand Mlle Z. est apparue, elle n’avait à l’époque pas plus de 14 ou 15 ans, j’étais moi déjà au travail depuis longtemps et au fait de ses obsessions et manies dans sa façon de faire, de sa possessivité concernant ses planches originales. Il me suffit de vous dire que malgré notre amitié et mes insistantes demandes d’avoir au moins une planche témoignant de notre merveilleux travail, Pratt, extrêmement généreux par ailleurs, s’est refusé à chaque fois à ma requête précisément pour que ses histoires restent complètes, ce que peut confirmer également Mr Raffaele Vianello.

Peu avant son décès, il avait réussi à racheter au vieil éditeur genevois, Ivaldi, chèrement payés, les originaux de sa première histoire : La Ballade de la mer salée, pour tout avoir de Corto en sa possession. Ceci étant, vous comprendrez ma perplexité  quand à l’occasion des dix ans de sa disparition, la ville de Venise voulant rendre un petit hommage à son illustre citoyen, j’ai contacté Mme Z. au nom de la mairie de Venise pour avoir ne serait-ce qu’une petite histoire d’une vingtaine de pages à exposer, elle m’a répondu naïvement qu’il n’existait plus aucune histoire complète. Or je me suis personnellement occupé de la très belle exposition qui a été faites au Grand Palais de Paris en 86 et lorsque je devais choisir le matériel à exposer, je demandais à Mme Z.  de m’apporter les originaux chez moi  pour procéder ensemble au choix des œuvres. A l’époque, il ne manquait que quelques dessins ou bandes, parce que volées ou perdues, pratiquement toutes les histoires étaient complètes. Pour être précis je réussis à convaincre Pratt de me donner enfin l’introduction en couleurs de « La Maison dorée de Samarkand », deux feuilles en aquarelles faites après une suggestion de ma part pour cette exposition à Paris, malheureusement les planches étaient si belles que je n’ai jamais pu les avoir en ma possession, étant toujours demandées pour des expositions diverses et variées à droite et à gauche. Je n’ai jamais pu les récupérer. J’ai même écris à Mme Z. pour les réclamer sans jamais avoir de réponse.

Tenant compte de ce que j’ai expliqué précédemment quant au souhait de Pratt de ne pas disperser son œuvre, j’entendais dire de plus en plus que des planches de Pratt circulaient sur le marché. Le choix de donner un rôle à Mme Z. en tant que responsable de l’exploitation de son œuvre, a été décidé bien avant la maladie de Pratt et j’ai été à plusieurs reprises consulté à propos de cette décision qu’il pensait prendre. Aussi, pour récompenser la dévotion et sa diligence de Mme Z., Hugo avait imaginé ce rôle, mais certainement pas pour qu’elle s’approprie des originaux et pour qu’elle les disperse afin de satisfaire exclusivement ses propres intérêts.

Il existe à Rome une galerie/librairie qui s’appelle « Spazio Corto Maltese », gérée par deux associés , à l’origine elle se trouvait Via Margutta et avait un troisième associé du nom de Gianluigi G., le propre mari de Patrizia Z.. A travers cette galerie ont été placées sur le marché même récemment, huit planches en couleurs, déjà exposées à Rome, il y a de cela quelques mois, à l’exposition Hugo Pratt Corto Maltese littérature dessinée, à charge de Vincente Mollica et Patrizia Z., sur cette affaire. Nous sommes donc en présence d’une personne qui abuse amplement de son mandat sous couvert de cette société suisse Cong, qui devrait avoir sous tutelle les droits des personnages de Pratt et répartir les droits aussi entre les héritiers. Elle s’est appropriée tous les biens qu’elle ré inclut dans la gestion de la société Cong. Je voudrais savoir pourquoi les héritiers ne peuvent pas même disposer des photos de leur père ?

Il existait par ailleurs toute une série de planches des dessinateurs que Pratt admirait et aimait, quelques unes acquises et d’autres offertes par des collègues, celles-ci non plus n’ont jamais été rendues aux enfants, au lieu de cela plusieurs d’entres elles « campaient » il y a peu dans les locaux de la « Lizard », maison d’édition de Mme Z. à Rome. Sans parler des magnifiques aquarelles joliment exposées sur les murs de sa maison à Rome, que j’ai personnellement pu admirer, environ vers 1998 et qui tapissaient chaque centimètre carré de ses murs. Il y avait là  une enveloppe pleine de dessins de Geoffrey Humphries, artiste anglais qui vit à Venise, un ami commun, que Pratt avait acheté, Hugo pensait alors les ajouter à un livre qu’il voulait faire avec les poèmes de son grand-père, pourquoi là non plus rien n’a été donné aux héritiers, qu’est-ce-que ces choses ont à voir avec cette ambiguë société suisse ? Si je ne m’abuse, la maison de Lausanne a été vidée par Z. et les enfants n’ont reçu que quelques cartons d’objets sans aucune valeur. Comment ce fait-il que les livres de la bibliothèque que j’essayais de transférer à Venise à travers une noble institution aient diminué au fil du temps entre les mains de cette dame, je crains qu’ils ne se soient emparés des œuvres de plus grande valeur et qu’elles ne fassent désormais partie de la bibliothèque privée de Monsieur G.

Quand Hugo disait que cette jeune fille qu’il avait aimée serait forcément la  meilleure solution pour garder et protéger son travail puisqu’en plus elle était riche. Il me semble qu’il serait maintenant bien amer de voir à quel point elle l’a trahi... Je devrais ajouter le nom de Mauro P. dans cette affaire, ce monsieur avait eu Mme Z. comme associée dans sa maison d’édition : « Il Grifo » à Montepulciano ; Je l’ai connu à travers elle quand il ont voulu que j’appuie leur projet de catalogue sur l’expo de Pratt à Venise, on était au début des années 80 (je crois que c’était l’expo avec les aquarelles que Pratt m’avait promises), chose possible uniquement parce que Pratt disait qu’il fallait toujours encourager les jeunes éditeurs, Bien je pense que cette personne, qui avait d ‘ailleurs fini par se disputer avec Mme Z.et avait disparu, ne refasse partie de son entourage et ne soit un peu la clé du mystère d’où se trouve le trésor du travail de Pratt. Je ne crois pas me tromper en vous disant que probablement une grande partie du travail de Pratt se trouve bien gardée dans des caisses, dans un quelconque hangar de cette petite ville. Tout comme j’avais moi-même pu le constater dans les années 80, alors je pense que lorsque Mme Z. prétend, à travers son avocat, ne pas avoir le matériel de Pratt, tous les originaux, elle n’ait finalement transféré dans ces hangars tout ce qu’elle avait à Rome. Comment peut-elle affirmer qu’elle ne sait rien de tout ça et après organiser des expositions, ce n’est pas crédible qu’elle affirme que les dessins sont prêtés par des collectionneurs privés anonymes parce que Ugo ne s’est de son vivant séparé que de très peu de matériel, je lui avais même demandé avant sa disparition une aquarelle pour un ami à moi. Il m’a dit qu’il allait réfléchir sur la question, qu’il voulait beaucoup d’argent, mais jamais il n’a donné un travail déjà fait comme les aquarelles que l’on trouve dans les magnifiques introductions à ses livres desquelles il était très jaloux.

Il existe aussi la galerie « Nuages » à Milan, qui travaille avec des aquarelles de Pratt, fruit d’accords qui ont donné  naissance à quelques beaux livres, mais je n’exclus pas que par ce moyen-là certains originaux soutirés par Mme Z.soient arrivés sur le marché, la responsable, dit considérer Mme Z. comme sa sœur. Enfin quoi qu’il en soit, moi je peux affirmer qu’il n’était aucunement dans les intentions de Pratt que son œuvre soit dispersée..."

 

Venise le 23/02/2007                                                                                             Guido Fuga

 

 

 Témoignage de Lele Vianello:

 

"A la fin des années 80 j’ai été chargé par Hugo Pratt de déménager les meubles, livres et objets son studio de Malamocco via Doge Galla 21, studio dans lequel je travaillais moi-même. Dans le studio il y avait une table de dessin professionnelle, une table lumineuse, trois grands meubles à tiroirs pour les feuilles et les dessins, une librairie longue de quatre mètres sur trois de hauteur avec 32 cases remplies de livres aux titres divers et variés (militaires, marine, histoire, géographie, illustration, de très nombreux titres en langue espagnole, d’autres très rares et anciens), un lit,un chevalet, un frigo (frigo et lit donnés à des amis), la table à dessin et la table lumineuse, deux des trois meubles à tiroirs, naturellement vidés et la librairie elle aussi vide ont été achetés par moi par ma collaboration au deuxième épisode de Cato Zulù. Tous les livres, les planches originales (Anne de la jungle), diverses aquarelles, croquis, épreuves de travail et les très nombreuses planches originales des maîtres de la bande dessinée argentins comme Rume et Sommer que Pratt avait acheté en Argentine, il y avait de plus grand nombre de revues militaires et sur la bande dessinée, de la série Frontera aussi, datant des années 50 quand Pratt travaillait en Argentine. Tout a été déménagé au dernier étage de l’immeuble dans son appartement privé. Vers la moitié de l’année 1994, Pratt décida de quitter aussi cet appartement-là, à nouveau je me retrouvai à devoir tout déménager.

Dans cet appartement il y avait, mis à part tout le matériel déjà décrit plus haut, et les appareils électroménagers, une grande librairie remplie de livres dont ceux qui étaient dans le studio et d’objets à forte valeur affective ; une chaîne stéréo Thorens, un amplificateur Milani, plus de deux cent Vynils, un enregistreur, plusieurs bobines d’enregistrements, un projecteur super huit, une caméra avec plusieurs bobines de films, un appareil photo professionnel Hasselblad, une épée d’Abyssinie ancienne, un livre ancien à la couverture en bois gravé, avec des motifs religieux coptes en plus de trois rouleaux de parchemin éthiopiens, peints, un luth, deux guitares, dont une de valeur de l’école de lutherie sicilienne, une radio / tourne disques Brionvega (ce genre d’appareil est très recherché par les collectionneurs, tant et si bien qu’un exemplaire est exposé aujourd’hui au MOMA de New York), deux grands tiroirs de l’armoire contenaient : un des centaines de photos de famille, le deuxième des dizaines de dessins du peintre Geoffrey Humphries et les clés de la ville de Wheeling offertes à Pratt par la ville, toutes ces choses plus les dessins et les épreuves de travail furent sur l’ordre de Pratt, empaquetées par moi dans des cartons, chargées dans un camion venant de Rome et envoyé par Mme Patrizia Z. et repartit vers le sud. Je ne crois pas qu’aucunes de ses choses aient été remises aux héritiers légitimes.

Je voudrais aussi témoigner, en considérant mon rapport d’amitié, ma fréquentation et notre travail en commun de plus de vingt ans (je vivais dans le même immeuble), que Pratt était extrêmement jaloux de son travail et n’entendait en aucune manière éclater, morceler, les histoires qu’il avait réalisées. Moi-même je ne possède aucune planche originale des histoires auxquelles j’ai contribué, ni aucun autre dessin ou croquis du maître."

 

                                                                                                                            Raffaele Vianello

 

Venise 28 février 2007

 

* (Les noms sont volontairement tronqués par souci de confidentialité nécéssaire dans cette affaire)

 

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21 novembre 2012

VIDEO VERNISSAGE

 

VIDEO DU VERNISSAGE LE 4 OCTOBRE 2012

 

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